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Installation éphémère, bambou, tulle, ficelle, Festivale de l'Estran 2012

C’est en étudiant l’œuvre gravée de Rembrandt que je me suis aperçue que s’il était impossible de dessiner le vent, il était par contre facile d’en camper ses effets. Dans l’une de ses eaux-fortes, j’observais la force des rafales, courant sur ces plaines interminables du nord, bouleverser le branchage hivernal de l’arbre, là, au premier plan.
Sur l’Estran, il est question d’immensité aquatique, où la ligne de mire est celle qui sépare la mer infinie du vaste ciel, tout d’horizontalité. Un paysage où le vent, que rien n’arrête, est élément constitutif, où il se fait présence physique.
Cette installation est un dialogue avec le vent, elle lui donne présence, le met en évidence, le fait entendre. Entre le vent et le public, l’installation est l’intermédiaire qui fait entendre la musique de la nature en la matérialisant.
Des bambous solides, plantés dans le sable de l’estran comme des mats de bateau. Fixés horizontalement à différentes hauteurs à l’aide de nœuds de marin, d’autres bambous, plus fins font allusion aux baumes. Sur ces bandes horizontales, du tulle léger, diaphane gonfle entre deux bambous à la manière des voiles ou volette librement comme un fin voilage accroché à une fenêtre ouverte sur l’océan.
Le bambou horizontal est bloqué dans sa descente pour garder haut la voile. Celui du bas coulisse verticalement pour laisser le vent gonfler le tulle, et la voile peu tourner pour suivre le sens du vent.
J’imaginais que ces mats graciles, plantés à l’oblique, figuraient un voilier  qui aurait sombré et dont ne resterait que les mats, toujours fièrement dressés vert la mer. C’est mon histoire, des spectateurs m’en ont contées d’autres. J’en ai gardé deux en mémoire. Pour une dame timide, c’était un bal de sirènes. Pour une autre, plus loquasse, ces mats accueillaient l’arrivée de la fiancée d’un marin, qui avançait, belle comme le jour, debout à la proue d’une barque, son voile de mariée voletant doucement au gré de la brise marine.

Quatre heures de labeur pour installer les mats, solidement, puis regarder jusqu’au soir la mer monter. L’observer s’approcher doucement, lentement, comme à pas de loup. Soudain, se sont les premières vaguelettes qui viennent mourir au pied du mat le plus avancé, petit frisson dans l’échine. Et puis, elle continue, inexorablement à monter, vague après vague, le long des mats. Quand elle aborde le voile, bref instant d’inquiétude, comment va-t-il réagir ? Ainsi, jusqu’à la nuit tombée, on observe leur résistance, eux si fragiles, légers, aériens contre la force de la marée. Un restera fièrement planté, résistant contre vent et marée!

Alix Colmant Artiste Plasticienne

Alix Colmant Artiste Plasticienne