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Mes Elles

Quand je suis metteur en scène, j'imagine toujours que mes spectacles sont un voyage, une traversée. Je vois ton exposition de la même façon. Un voyage au cœur du féminin, d'une rive à l'autre.
Dans cette traversée je fais des rencontres et chacune me parle, de la Femme ? Des femmes ? De moi ? De toi ? De tout cela à la fois.
La première est Dana. C'est une rencontre étrange faite d'évidences et de doutes. Je la vois comme l'originelle. Elle est une déesse de la terre, donc notre mère universelle. C'est alors que j'aperçois ce détail. Elle n'a qu'un pied dans le sol, l'autre est levé, elle semble courir. Ce n'est pas une déesse immobile, elle court vers notre avenir. Je regarde autour de moi comme pour chercher cet avenir et je vois ces multitudes de femmes, des cauchemars, des peurs, des angoisses, du sang, des liens, des abysses. La douceur de Dana, son élan, me projette vers cette violence de nos prisons intérieures. J'imagine cela en tout cas. Le combat pour la liberté est d'abord un combat intérieur.
La deuxième est Emilie. Habillée de mots, corseté aussi par eux, Emilie semble chercher la liberté par l'expression, l'élévation de l'esprit. Elle m'invite à entrer dans l'autre salle. Je m'approche, oui, elle se penche. Je me penche aussi, passe la tête et aperçoit cette aile de dentelle que tu appelles Aéoridès. Je pense qu'Emilie a réussi. Elle a quitté son corps prison, elle est devenue un pur esprit, une créature éthérée, une aile, une elle libre, une âme prête à prendre sa place dans l'univers.
J'entre et je vois les femmes bleues. J'y regarde des désirs, des épanouissements, des provocations, des séductions, un corps féminin libre donc, qui interroge le regard, qui bouscule. Le corps de la femme parviendra t-il à être libre de nos préjugés ? La prison bascule du côté du regardant.
La troisième est Lee-lou. Tiens, voilà la femme moderne, libre ? Nouvelle prison, de l'hyper communication, de l'hyper consommation, de l'hyper. Retour en arrière dans notre histoire du féminin ? Rebond de l'espace temps ? Elle ouvre sur un nouvel horizon, une nouvelle salle, j'entre comme happée par l'hyper couleur. Je te vois. C'est toi, c'est à dire l'une d'entre nous, qui te regarde, qui nous regarde te regarder avec dans un coin de l'esprit l'héritage du tout, Chroma, la quatrième.
Miroir infini, mise en abyme. Jusqu'à la projection hypnotique de ton œil et de ta voix. J'en ferme les yeux.
Ce voyage donc, serait celui de la femme qui regarde la Femme. D'une femme qui s'interroge sur "l'éternel féminin" ? Qui le casse en le démultipliant ? L'homme avec sa conception "d'éternel féminin" regarderait la femme comme il considère l'univers ? Une femme regarderait les femmes comme les myriades d'étoiles et de planètes qui le compose ?
Aucune revendication, juste un regard. Une femme, toi, un regard, le tien. Une invitation à les regarder, à se regarder, à se voir donc. Laquelle de ses femmes suis je donc ? Peut-être suis-je toutes ? Peut-être suis-je donc bien un univers composé d'une multitude.
L'arabesque dans tes œuvres fait office de symbole. Une constante qui permet toutes les déclinaisons, qui nous raconte cette histoire, multitudes d'être femme et unité de l'être.
Je viens de parcourir un chemin du féminin qui se trace entre prison et liberté,  laisse son empreinte visible à l’œil nu. Ce n'est plus la femme qu'on déshabille, c'est le regard que l'on porte sur elle.

Luce Colmant
Auteur, metteur en scène, comédienne.

Mes Elles, Exposition monographique au Château d'Assas

Toi, moi, nous, elles. Oui, elles : Mes Elles !
Toutes là, toutes moi, aucune moi, un peu moi, un peu vous.
Oui, c’est moi, moi dans chacune d’elle, comme vous.
Je crie, je vole, tu ris, tu plonges, elle s’enfuie, elles s’enroulent…
Et puis les larmes aussi …
Vous messieurs, que voyez-vous de ce continent noir ?
Que croyez-vous ?
Y-a t-il  une place pour vous ici ?
Oui, bien sur et pas seulement voyeur.
Vous pouvez être passeur, de rêves de femmes, de mots pour les femmes, pour une femme…
Une histoire d’altérité ontologique certes !
Mais il suffit de créer des passerelles et l’autre déjà est plus proche.
Un pont de mots, un pont d’images, un pont de sentiments.
Voilà, vous êtes là. Nous sommes là.
Nous sommes en face, à coté. Ensembles !
Vous, nous, moi, elles, Mes Elles, pour vous …

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Alix Colmant Artiste Plasticienne

Alix Colmant Artiste Plasticienne